Question du projet de fin d’études

À travers quatre projets phares en Europe et en Amérique du Nord, quelles sont les approches proposées par les architectes contemporains en réponse aux divers enjeux de la restauration de murs-rideaux modernes?

À propos

Je me suis diplômée en architecture à l’Université de Bologne en 2014 avec un mémoire en restauration du patrimoine moderne, qui a gagné le premier prix dans le concours international "Domus Restoration and Preservation". La passion pour l’héritage moderne m’a porté à mener une expérience de travail en Inde, dans la ville d’Ahmedabad, siège de plusieurs expérimentations modernes. En Italie, j’ai travaillé comme architecte et j’ai continué à collaborer avec l’Université de Bologne, jusqu’à quand j’ai décidé de me déplacer à Montréal pour poursuivre à l’UQAM la recherche sur la problématique de la sauvegarde de l’architecture moderne.

La pratique contemporaine de la restauration du patrimoine moderne : défis et approches en rapport à la restauration du mur-rideau en Europe et en Amérique du Nord.

Le mur-rideau est un des éléments architecturaux caractéristiques de la modernité et sa restauration présente plusieurs enjeux, comme la préservation de l’authenticité conceptuelle et matérielle, la conservation de la transparence physique et virtuelle, la mise à jour des technologies constructives. La recherche a tenté de faire un constat des pratiques de la restauration en Europe et en Amérique du Nord à travers quatre exemples parmi les plus significatifs du début des années 2000. Les pairs d’édifices, similaires dans la typologie, opposent un cas européen à un américain: le Sanatorium Zonnestraal (Hilversum, Pays-Bas) versus le Pavillon du Lac-aux-Castors (Montréal, Canada) ; le Gratte-ciel Pirelli (Milan, Italie) versus la Lever House (New York, États Unis). L’analyse a permis de délinéer deux grandes « écoles de pensée » qui se traduisent en deux approches divergentes à la restauration du patrimoine moderne. En Europe, on assiste à une tentative de conservation de l’authenticité à la fois matérielle et conceptuelle, suivant l’idée que la restauration doit être une discipline unitaire avec les mêmes critères méthodologiques pour la 'restauration traditionnelle des monuments' et la restauration du 'nouveau'. Au contraire, en Amérique du Nord, l’image est l’aspect privilégié, l’authenticité conceptuelle prévaut sur la conservation de la matière.