Alexandre
Lepage

À propos

L’architecture ne sera plus considérée d’après la prétendue immobilité de sa forme ou l’immuabilité de sa figure, mais plutôt par sa substance onirique et ses qualités poétiques. L’impérieuse inertie de l’architecture est précisément ce qui la sclérose. Au sein d’un seul bâtiment, il y a autant d’architecture qu’il y de subjectivité qui la déambule. Dynamique, elle n’est que modulation de la lumière; ouvrage lentement façonné par les forces du monde et des choses; myriade de détails incommensurables dont chacun aura sa vie propre: autant d’existences où peuvent s’y accrocher l’imaginaire, bercées non pas par un reflet fidèle des choses, mais plutôt par l’équivoque de ses représentations désormais empruntes d’un empirisme sensible. Sa richesse formelle et sa déprogrammation spatiale catalyseront notamment les dérives imaginaires. Le contenu effectif de cette architecture phénoménologique pourra, désormais, être révélé par celui des consciences qui la parcourent et l’habitent.

Tamatta

Tamatta est un médiateur. Il réunifie, de par sa présence, la dissonance entre le bâti vétuste et son site sous-jacent en pleine revitalisation. Magnifiant l’étendue colossale de l’élévateur à grain tout en désamorçant son hostilité, Tamatta parasite cette façade d’une verticalité monumentale. Une nuée de nacelles et ses réseaux de circulations en serpentins se perchent ainsi sur cette enfilade de parois cylindriques, contaminant la structure. 

Tamatta est un délire rigoureux. Il emploie un langage technique, limpide et systématique, dont l’expressivité formelle et la dynamique, cependant, annoncent une esthétique ostensiblement contrastée à son réceptacle. Il questionne ainsi tacitement la pertinence du patrimoine industriel; la présence péremptoire des technologies dans les processus de création; enfin, les limites de l’expressivité artistique dans un contexte jalonné par la fonctionnalité et la standardisation.

Portfolio